Les premières mesures prises par Donald Trump

Publié par : Administrateur 24 janvier 2017 International

Le président américain a entamé sa première semaine à la Maison Blanche en marquant la rupture avec son prédécesseur, notamment en annulant des traités dont l’administration de Barack Obama avait fait ses priorités.

Aussitôt aux commandes, Donald Trump a commencé à signer une série de décrets visant, notamment, à détricoter les mesures prises sous l’ère Obama. « Nous allons signer sans relâche, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, et même chose la semaine suivante », avait-il averti à New York quelques jours avant son investiture. De l’avortement, à l’« Obamacare » en passant par le commerce international, tour d’horizon des mesures prises par Donald Trump lors de sa première semaine à la Maison Blanche. Le président récemment investi a été invité mardi 24 janvier par le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, à prononcer un discours devant le Congrès le 28 février.

Dès son entrée à la Maison Blanche vendredi 20 janvier, le nouveau président a signé un décret contre la loi sur l’assurance-maladie, l’« Obamacare », qu’il avait promis d’abroger durant sa campagne. Le texte ordonne aux diverses agences fédérales de « soulager le poids » de cette réforme, la plus emblématique de la présidence de Barack Obama, en attendant son abrogation et son remplacement, a expliqué le porte-parole de la présidence, Sean Spicer.

Donald Trump exige de son administration qu’elle utilise toutes les marges de manœuvre possibles pour ne pas appliquer la loi actuelle, par des exemptions ou des reports. Cette loi de 2010, honnie des conservateurs en raison de son coût et de sa lourdeur administrative, vise à aider tous les Américains à souscrire une assurance-maladie. Mais, le texte ne peut être rayé d’un coup de plume : le Congrès, à majorité républicaine, devra voter, selon un calendrier qui n’a pas encore été annoncé.

  • Des projets d’oléoducs relancés

Le président devrait annoncer mardi 24 janvier la relance de deux projets d’oléoduc précédemment bloqués, selon plusieurs médias américains, dont Bloomberg, The Hill et Politico. Le projet Keystone XL, long de 1 900 kilomètres et reliant le Canada aux Etats-Unis, avait été bloqué par le président Barack Obama, qui estimait que ce projet ne renforçait pas « la sécurité énergétique du pays », et avançant aussi des considérations écologiques. Durant sa campagne, Donald Trump avait promis de relancer ce projet.

Le président souhaite également relancer le projet d’oléoduc de la compagnie Energy Transfer Partners dans le Dakota du Nord, dont le tracé a été rejeté en décembre après une intense mobilisation des Amérindiens et des écologistes.

Cap anti-libre-échange

  • Le retrait du TPP entériné

Le nouveau président élu a commencé son marathon lundi 23 janvier, en prenant une décision hautement symbolique, celle de signer une ordonnance qui entérine le retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP). « Ce que nous venons de faire est une très bonne chose pour l’ouvrier américain », a déclaré M. Trump en signant l’ordonnance dans le bureau Ovale de la Maison Blanche.

Cette première grande décision économique de son mandat était attendue. Pendant la campagne, le candidat républicain n’a cessé de dénoncer cet accord, qui visait à lever une grande partie des barrières douanières et à harmoniser les normes entre les signataires pour doper les échanges. Un projet au cœur de la diplomatie de Barack Obama et notamment de la stratégie dite du « pivot », consistant à resserrer les liens commerciaux avec les pays de l’Asie-Pacifique pour contrebalancer l’influence grandissante de la Chine.

L’ordonnance signée lundi pourrait constituer l’acte de décès du TPP. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, avait ainsi déclaré en novembre 2016 qu’un accord sans les Etats-Unis n’aurait « aucun sens ». Mais à peine le retrait américain entériné, le président mexicain, Enrique Peña Nieto, a annoncé lundi qu’il allait ouvrir des négociations bilatérales avec les autres signataires du TPP.

En se retirant du partenariat transpacifique, M. Trump amorce également un changement de cap qui pourrait laisser le champ libre à la Chine. Richard Haass, président du think tank non partisan Council on Foreign Relations, estime d’ailleurs que « la Chine pourrait bien être le principal bénéficiaire » du retrait américain, ajoutant que cette décision « va ralentir la croissance américaine, supprimer des emplois américains et affaiblir les positions américaines en Asie et dans le monde ».

  • D’autres traités anti-libre-échange attendus

Elu sur la promesse de rapatrier des emplois sur le sol américain, le président Trump ne compte pas s’arrêter là et a promis dimanche de renégocier l’accord de libre-échange Aléna alliant Etats-Unis, Mexique et Canada, accusé de précipiter la désindustrialisation aux Etats-Unis.

Déjà dans les limbes, l’accord de libre-échange TTIP négocié depuis 2013 entre les Etats-Unis et l’Union européenne pourrait donc être la prochaine victime de ce recalibrage stratégique. M. Trump semble se désintéresser totalement de ce traité et ne cache pas son souhait de négocier en priorité un accord bilatéral avec le Royaume-Uni afin de faire du Brexit un « succès ».

Gel des embauches au niveau fédéral

Le républicain avait fait du gel des embauches de fonctionnaires une grande promesse de campagne, tout en assurant que les secteurs de la santé, de la sécurité publique et l’armée seraient épargnés.

Le président américain a ordonné lundi par décret le gel de ces embauches au niveau fédéral, sauf pour l’armée. Ce gel « prend le contre-pied de la progression spectaculaire du nombre d’employés fédéraux ces dernières années », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer.

Le décret « empêche notamment de remplacer les postes vacants ou d’en créer de nouveaux sauf quand ils sont nécessaires pour satisfaire aux responsabilités concernant la sécurité nationale ou publique », a-t-il ajouté en conférence de presse. « Cela ne s’applique pas au personnel militaire », a souligné M. Spicer, assurant que la mesure visait à « assurer que les contribuables américains aient un gouvernement efficace et performant ».

Source : Le Monde

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