Jean Baden Dubois veut une loi pour protéger les consommateurs…

Publié par : Administrateur 24 janvier 2017 Economie

Les consommateurs casquent, subissent les conséquences des anticipations de beaucoup d’agents économiques, libres d’afficher leurs prix en dollars américains, à des taux qu’ils sont les seuls à décider. La pratique est si bien installée qu’on pensait que les chefs n’étaient pas au courant. Mais ils le sont. Le gouverneur de la BRH, Jean Baden Dubois, dans une interview avec Kesner Pharel début janvier 2017, sur Radio Télé Métropole, a mis la question sur le tapis. « Cela ne fait aucun sens que les magasins, les supermarchés mettent les prix en dollars et déterminent leur taux de change à la hausse par souci de protection. Il faut mettre de l’ordre », a affirmé le gouverneur Jean Baden Dubois. Cela ne fait aucun sens que l’entreprise établit son taux de change alors qu’il y a un taux de change fixé», a indiqué la plus haute autorité monétaire d’Haïti qui a évoqué les efforts de Maguy Durcé, à l’époque ministre du Commerce de l’Industrie de mettre de l’ordre. Les markets ont continué à afficher leurs prix en dollars, a-t-il déploré, rappelant que c’est le travail du MCI d’effectuer cette supervision.« C’est le travail du MCI, a insisté Jean Baden Dubois. Il y va de la protection des consommateurs ».

Le gouverneur, jusqu’au bout dans son plaidoyer, exprime un souhait. « J’aimerais bien que les parlementaires votent une loi pour protéger les consommateurs », a appelé le gouverneur, soulignant que « nous sommes une économie en gourdes ». Le choix de la dollarisation de l’économie exclurait plus de gens dans le système et créerait beaucoup plus de pauvres. « Si ce n’est pas ce choix qui est fait, il faut être conséquent et que les prix en Haïti soient fondamentalement en gourdes et qu’il y ait une loi pour la protection des consommateurs », a insisté Jean Baden Dubois, qui rassure pour éviter les anticipations et leurs effets pervers pour les consommateurs.

« Il n’y a aucune raison, si l’on regarde les fondamentaux macroéconomiques que la gourde se déprécie de façon extraordinaire », a indiqué Jean Baden Dubois. « Ce que je peux dire aux gens, c’est de rester calmes. Il y a un nouveau gouvernement qui va venir. Il faut que tout le monde se mette au travail », a expliqué le gouverneur, qui a pris en revanche la précaution de souligner que la BRH n’est pas la seule dans l’effort pour la stabilisation de la gourde. Elle fait sa part, les autres acteurs, à savoir le Parlement, l’exécutif ont leur part aussi, a indiqué le gouverneur de la BRH qui veut agir afin d’éviter les surchauffes sur le marché des changes provoquées par exemple par des compagnies pétrolières. Par jour, le volume de transactions est entre 8 et 10 millions de dollars américains. Quand une compagnie pétrolière veut obtenir 15 millions par jour, cela provoque une surchauffe, a expliqué Jean Baden Dubois qui veut « renforcer les capacités de la gourde ». Il a, dans ce sens, appelé le public à essayer les instruments de la BRH.

Le sénateur Jean Marie Salomon, interrogé par Magik9 sur l’idée d’une loi pour protéger les consommateurs, veut qu’on aille encore plus loin que le respect du taux de change, de la fixation des prix en gourdes dans l’économie. Le sénateur du Sud croit qu’il faut penser aux consommateurs de services de téléphonie mobile et d’Internet qui inondent les réseaux de plaintes et de complaintes.

L’économiste Kesner Pharel estime indispensable une loi pour la protection des consommateurs. « Il faut une loi pour la protection des consommateurs et sur la concurrence. Quand il y a concentration au niveau des filières, des monopoles et oligopoles, comme c’est le cas dans le secteur agroalimentaire, cela affecte le consommateur », a souligné l’économiste.

Les lois à elles seules ne suffisent pas si les autorités en charge de la vérification, de la supervision, de la régulation ne font pas leur travail, a déploré André Jean, cadre d’une entreprise privée. « Je ne rêve pas en couleur. Quand ceux qui ont des monopoles investissent pour faire élire un président, quand un inspecteur du ministère du Commerce fait son travail de contrôle de la qualité, d’identification de fraude contre les consommateurs risque au moins son job, au plus sa vie, nous ne sommes pas près de sortir de l’auberge. Nous vivons dans la jungle de la dérégulation et de l’affaissement provoqué par l’autorité des pouvoirs publics. C’est triste, mais c’est ça la réalité », a-t-il dit, soulignant qu’il a l’obligation de « garder ses pieds sur terre, de ne pas rêver ».